Déserts médicaux : réguler ou reculer ?

28/03/2025

Avant-hier 26 mars, en commission des affaires sociales, les député·e·s ont rejeté l'article 1 de la proposition de loi transpartisane « Garot ». Cet article visait à conditionner l'installation des médecins en zones surdotées en limitant les nouvelles installations à la cessation d'activité d'un·e praticien·ne de la même spécialité. Pour l'UNSA, ce rejet est inadmissible, alors que les disparités territoriales n'ont jamais été aussi marquées. Il envoie un signal inquiétant à des millions de Français·e·s déjà confrontés à une fracture médicale alarmante.

Un enjeu de santé publique majeur

Le constat est sans appel : l'absence de régulation dans l'installation des médecins aggrave les inégalités territoriales.
• 8 millions de personnes vivent aujourd'hui dans un désert médical et 6 millions n'ont pas de médecin traitant.
• Certaines zones rurales comptent moins de 2 généralistes pour 10 000 habitants alors que la moyenne nationale est de 3,4 médecins pour 1 000 habitants.
• 57 % des nouveaux médecins s'installent dans des zones déjà bien pourvues, laissant les territoires ruraux et périurbains en souffrance.

Face à ce renoncement, l'UNSA appelle les parlementaires à reprendre cet article en séance publique. Il est temps pour les pouvoirs publics de se saisir de cet enjeu avec des mesures ambitieuses et concrètes. Réguler les installations médicales, c'est garantir un accès aux soins équitable pour tout·e·s. Sans une action résolue, les déserts médicaux continueront de s'étendre, laissant des millions de Français·e·s sans solution face à leurs besoins de santé.

L'UNSA, fidèle à sa vision d'une régulation renforcée, réaffirme son engagement pour un modèle de santé juste et accessible sur l'ensemble du territoire.

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