FIPU : le nécessaire sursaut des branches professionnelles

26/03/2025

Les négociations de branches visant à bénéficier pleinement du Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle (FIPU) sont à la peine. L'UNSA ne peut se satisfaire d'une telle situation et appelle à un sursaut.

Le FIPU a été créé dans le cadre de la dernière réforme des retraites et par la loi de financement de la Sécurité sociale rectificative (PLFSSR) pour 2023. En 2017, sous la pression des organisations patronales, le droit à une compensation pour exposition aux postures pénibles, à des manutentions de charges lourdes et à des vibrations mécaniques était supprimé du compte personnel de prévention. De fait, les travailleurs exposés à ces facteurs de pénibilité dits « ergonomiques » ne peuvent plus bénéficier de points permettant reconversion, passage à temps partiel ou départ à la retraite anticipé par exemple. Depuis, l'UNSA revendique toujours la réintégration de ces critères dans le dispositif C2P.

Faible contrepartie à la réforme des retraites, le FIPU vise à renforcer la prévention à destination des travailleurs exposés aux facteurs de pénibilité ergonomique. La loi prévoit que les branches professionnelles peuvent négocier des accords pour cartographier les métiers exposés afin de bénéficier d'une valorisation des aides directes aux entreprises et faciliter l'instruction des dossiers.

Pourtant, en mars 2025, soit plus d'un an et demi après son lancement, seules dix branches professionnelles ont défini une liste des métiers et activités concernés par le FIPU. Un constat préoccupant pour l'UNSA. Il faut donc rapidement que l'Etat et l'ensemble des partenaires sociaux établissent un état des lieux des négociations en cours et qu'ils puissent identifier les freins à la conclusion d'accords de branches.

Si la culture de la prévention ne se décrète pas, elle doit être activement soutenue pour devenir une norme. Une prévention efficace de l'usure professionnelle constitue non seulement un impératif pour la santé des travailleurs mais aussi une nécessité pour l'équilibre financier de notre système de protection sociale.

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